Terristoires

“Raconter des histoires c’est toujours l’art de les re-raconter. Cet art se perd parce qu’on ne tisse plus et qu’on ne file plus en les écoutant.” Benjamin, Walter

Il existe un lien étroit entre le textile et la mémoire. Au fil de son travail, Lucile Leloup s’est intéressée aux enjeux que peut proposer le textile comme manière de transmettre la mémoire. Le vêtement, l’habit que l’on porte, porte et transporte lui-même une histoire. En utilisant des draps de lin et de chanvre issus de la ferme, anciennement confectionnés sur place, mais dont la fibre était également cultivée dans les champs alentour, l’artiste a réalisé un ensemble de pièces qui s’enfilent, se revêtent. La laine est aussi un matériau privilégié, car local, pour travailler l’habit. Raconter les histoires de la terre autrement qu’en passant par la parole est un défi que l’artiste a cherché à relever à travers la teinture à l’indigo. Entre le motif et le pariétal, les silhouettes de paysans, de lièvres ou de vaches sillonnent le drap, prenant alors un caractère géographique. Les draps ont vécu ; ils comportent des usures, des reprises, parfois même des broderies d’origine, qui témoignent des traces laissées par le temps.

Les terristoires ne retracent ni de grands exploits ni d’incroyables légendes. Ce sont des micro-histoires, à la manière de petits contes retrouvant leur ancrage territorial : non pas des récits universels et moralisateurs, mais des contes aux caractères ancestraux, inscrits dans des lieux.

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